Marc Galochet

Marc Galochet Président de la Commission de Biogéographie

Commission de Biogéographie :                   Environnement, Nature, Société

Les modifications environnementales depuis la fin du XXe siècle ont amené la géographie à reconsidérer dans son approche les rapports nouveaux entre la nature et la société. Une approche plus globale s’impose désormais pour aborder les questions d’environnement, de patrimonialisation, de gestion intégrée des territoires, de développement durable.
Dans ce contexte, l’évolution récente de la géographie face au monde contemporain, nous pousse plus que jamais à mieux identifier la biogéographie du XXIe siècle, spécialité d’interface par excellence étudiant les relations nature-société située « à la charnière de la géographie humaine et de la géographie physique » comme l’écrivait Henri Elhaï déjà en 1968. La biogéographie française n’a jamais cessé depuis un demi-siècle d’accentuer sa spécialisation, d’affiner ses méthodes et ses outils afin d’approfondir les connaissances et de faire progresser la recherche dans un ensemble épistémologique cohérent.Plusieurs périodes de l’histoire de la biogéographie française peuvent être distinguées depuis le temps des pionniers avec la thèse de doctorat ès Lettres de Maximilien Sorre sur Les Pyrénées méditerranéennes : étude de géographie biologique (1913) et la publication du troisième tome du Traité de géographie physique (1927) d’Emmanuel de Martonne consacré à la biogéographie rédigé par Auguste Chevalier (botaniste, Muséum National d’Histoire Naturelle) et Lucien Cuénot (Zoologue, Université de Nancy, membre de l’Institut). Après une période d’éclipse de plus d’un quart de siècle, la biogéographie française a connu une véritable renaissance du côté des géographes dans les années 1960, suivie d’un renouvellement du champ d’étude, dans les années 1970, centré sur les paysages et les forêts et d’un renforcement conceptuel introduisant le géosystème (Georges Bertrand) et le sylvosystème (Gérard Houzard). La biogéographie française a connu une évolution originale par rapport aux autres écoles internationales toutes confondues avec deux avancées majeures dans sa posture scientifique et épistémologique :

  • d’abord la biogéographie française a intégré l’action des sociétés humaines sur les milieux dans les années 1970, formulant ainsi une réflexion sur les rapports entre l’homme et son milieu, une nature anthropisée et socialisée ;
  • ensuite elle a développé la dimension historique depuis les années 1980, sous l’impulsion de Gérard Houzard et de Jean-Jacques Dubois, ouvrant le champ de la biogéographie historique qui s’intéresse à un « espace-temps anthropisé » pour donner une clé d’interprétation supplémentaire dans la compréhension des forêts et des paysages végétaux, résultant d’une très longue interaction des sociétés sur les milieux.

Ainsi, le développement de la biogéographie française au cours de sa jeune histoire, a vécu des évolutions régulières et des changements d’approche renouvelant ses questionnements insistant aujourd’hui davantage sur les relations entre l’homme et l’environnement tant dans le passé (héritages) que dans le futur (devenirs).
Face à cet héritage, œuvre de plusieurs générations de géographes, nous entendons poursuivre avec pugnacité et collégialité l’effort de construction et de valorisation de l’image et de l’identité de la biogéographie, comme spécialité d’interface des relations nature-société dans la lignée de nos prédécesseurs à la présidence de la Commission de Biogéographie. Pour cela, nous souhaitons que la Commission soit un véritable foyer de vie scientifique dans lequel les liens conviviaux prolongent l’action des chaires universitaires et entretiennent la vie dans l’enseignement de la géographie. Pour asseoir la gouvernance et la croissance de la Commission de Biogéographie, les objectifs  sont simples et nécessitent la participation active de tous les membres !

  • Fédérer tous les biogéographes de France pour construire des échanges scientifiques et rompre l’isolement provincial. La Commission organisera la plupart des réunions en province afin d’impliquer tous les pôles régionaux.
  • Intégrer les doctorants et docteurs aux travaux de la Commission en organisant régulièrement une journée des jeunes chercheurs. La Commission sera un lieu d’expression et d’émulation scientifiques où la parole de chacun est libre et respectée associant la génération d’avenir à celle d’expérience.
  • Développer un réseau scientifique notamment en collaborant avec d’autres commissions du CNFG mais aussi avec des associations comme le Groupe d’Histoire des Forêts Françaises (GHFF) ou le Groupe d’Histoire des Zones Humides (GHZH).
  • Favoriser les synergies de recherche et d’innovation en engageant des relations avec des organismes extra-universitaires ayant des préoccupations et des activités proches et complémentaires des nôtres pour développer un réseau de partenaires professionnels capables de proposer des offres de stages à nos étudiants.
  • Organiser des journées d’études et colloques sous l’égide de la Commission.
  • Valoriser les recherches en biogéographie en communicant par le site Internet de la Commission.
  • Engager l’ouverture internationale notamment avec l’Union géographique internationale.

Marc GALOCHET
Président de la Commission de Biogéographie
Comité National Français de Géographie

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